Une histoire banale
Par G? g? le dimanche, octobre 12 2008, 23:51 - Lien permanent
Il n'avait pas voulu dormir ce jour-là. Il avait sniffé trop de poudre et, avec le champagne, ça donnait des nausées. Il était sorti. Dans les rues, paris battait de mille coeurs plus ou moins sobres. Il s'était assis près de la fontaine sur la grande place. Un petit groupe euphorique chantait et tapait des mains, ou criait, ou dégueulait. Lui il restait assi en contenant ses nausées avec la fumée de sa cigarette. Et le temps passe vite quand il a le sang rempli de poudre. Les mouvements autour de lui s'accélèrent, et il sait qu'il ferait mieux de courir, ou de chanter, ou de crier. Mais il voudrait juste baiser et gerber. Quelqu'un s'approche. C'est une femme. Elle voudrait juste une cigarette et, comme ça ne l'intéresse pas, il fait le sourd. La femme rebrousse chemin, dédaigneuse. Il en a marre d'être là à attendre. Il en a marre d'entendre les chants délurés d'une foule accélérée. Il se lève. Il marche vite. Il ne sent pas le sol sous ses pieds. Il a l'impression de voler, et arrive rapidement dans une rue pleine de bars ouverts jusqu'à l'aube. Le premier sera parfait. Dedans, que des hommes. Et des hommes qui le regardent bizarre. La nausée refait surface, plus amère, plus pressante, plus angoissante que jamais. Il a le visage glacé. Il est blanc-vert, et on croirait un cadavre. Avec sa main repliée sur elle même, il fait mine de se retenir, en poussant une toux écoeurante, un cri sortant de ses tripes encombrées. On l'aide à marcher jusqu'aux toilettes. On le porte presque, et on le laisse vomir en restant à la porte, en gardant un oeil attentif, en s'inquiétant de ce teint inhumain. ça va mieux. On lui demande ce qu'il a, il fait encore le sourd. On lui demande ce qu'on peut faire pour lui, il répond qu'il veut baiser. Alors, on s'approche de lui en fermant la porte à double tour. On le caresse, on l'embrasse, on le baise. Ce n'est pas si banal, il se dit, si tout ce qu'il voulait ce jour-là s'est accompli. C'est qu'il ne voulait qu'une ou deux choses à la fois. Il pense que ça suffit, et que c'est tellement rare qu'il irait bien dormir, maintenant, au pied du grand hêtre dans le squarre d'à côté, même s'il doit déchirer sa chemise en escaladant la grille pîquée. Car ce grand Hêtre, il trouve, c'est un cri d'amour qui jaillit de la terre. Il s'asseoit. Il glisse un peu sur l'herbe et son dos nu est écorché par l'écorce. Il profite de la douceur apaisante du soir d'été. Il dort. Il est bien.
Commentaires
^^
C'est bon de sentir encore ta présence :)
Je viens rarement mais je laisse un oeil de temps en temps sur ton nouveau blog ;)
Que deviens tu ?
Je marche tout seul pour l'instant... mais je laisse des traces dans la neige. L'hiver est bientôt fini ! On ne s'est pas croisés cette fois-ci...
Et toi que deviens tu ? Je regarde toujours dans le ciel quand tu es pleine ^^
J'en ai des frissons dans le dos. C'est à la fois triste, mais banal aussi si on peut dire ça.... le besoin d'être aimé, c'est ce dont je vois là.